Echec... (Voyage à Bobomondi)
Ce matin nous devons partir pour Bobomondi, 600km dont 80 de piste dans la brousse. Nous partons avec le 4*4 de Paul qui sort de 2 mois de réparation avec changement de moteur. Nous parcourons une cinquantaine de kilomètre, et, soudain, appel de serrage, la voiture s’arrête au beau milieu de rien.
Après quelques heures d’attentes, nous sommes remorqués par un camion jusqu’au prochain village. Là, nous attendons les mécaniciens de Paul qui doivent faire tout le trajet pour nous rejoindre, et cela avec son autre voiture, pour que nous puissions repartir. Plus tard, un coût de fil nous annonce que les mécaniciens sont, eux aussi, tombés en panne avec l’autre voiture. Après quelques bonnes heures d’attentes sur une terrasse où nous sommes continuellement solicités par les villageois, nous voyons arriver nos mécanos. Dans la pleine intrépidité burkinabé, ceux-là se mettent à tout bonnement démonter le moteur sur le bord de la route.
Le problème : un segment, bras de liaison entre le vilebrequin et l’un des pistons. C’est parti pour un bon bout de temps. Nous attendons. Nous attendons encore, encore et encore. Vers 15h, ils se rendent compte qu’il faut aller chercher une pièce à Ouaga. L’un d’eux part chercher cette pièce. Pour aller plus vite, il place une moto, que l’on nous prête, à l’arrière d’un camion et reviendra avec cet autre moyen de transport. Nous attendons… nous attendons encore. Puis nous recevons un coût de fil à la nuit tombée, le garçon est tombé en panne avec la moto mais il arrive bientôt. Manifestement, tout le monde parait déterminé à réparer le moteur du 4*4, malgré la nuit, l’absence d’électricité, la saleté, et les doutes sur la qualité du travail de nos mécanos. Ils travaillent d’arrache pied jusqu’à au moins minuit. Nous finissons par prendre une chambre dans une petite auberge inespérée, dont vous auriez sans doute doutez si vous étiez avec nous. Mais passons sur nos exigences de confort, il faut nous reposer. Au cours de la nuit, une tempête très intense nous aide à faire des rêves féeriques. Quelle volupté !
Lendemain matin, nous nous réveillons, tous le monde est déjà autour du 4*4. Les mécanos ont repris de plus belle. Au bout de quelques temps, ils attaquent la pièce cassée et coincée, à coût de marteau. Ils finissent par conclure que celle-ci ne sortira pas avec les outils qui leurs sont disponibles. Nous repartons donc tractés par camion. Nous abandonnons donc le voyage. Nous ne découvrirons pas le village de Bobomondi, nous n’évaluerons pas le terrain pour notre projet d’AEP, nous ne distribuerons pas le matériel que nous avons envoyé. Conclusion de l’aventure : fatigue, problèmes de digestion, stress ; en gros, déception. Paul, lui, a perdu deux voitures, et garde quelques rancoeurs contre tous ces mécanos qui s’acharnent, à longueur d’année, sur ces pauvres engins. Finalement nous arrivons à Ouaga vivant. Ouf !


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